Aventures littéraires·Parlons livres

1984, Georges Orwell

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Editions Folio (Plus classiques), 2015. 479 pages.
Traduction par Amélie Audiberti

MA NOTE : 9,5/10

4ème de couverture:

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.

BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.

Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

Mon avis

Il y a des livres qui marquent une vie et celui-là en fait définitivement partie. En refermant ce livre vos yeux sont ouverts plus grand sur le monde qui vous entoure, ils sont comme débarrassés du voile de la naïveté.
Georges Orwell nous fait découvrir le plus totalitaire des états totalitaires, nous fait voir les pires mécanismes de manipulation et d’assujettissement des hommes. Nous contemplons avec horreur le spectacle de l’homme qui perd son humanité et qui devient l’instrument le plus dangereux du pouvoir qui le manipule.

Ce monde, nous l’observons à travers les yeux de Winston, un homme pas encore tout à fait inconscient de ce qu’on lui impose et qui regarde passivement l’humanité disparaître. Puis un jour, en rencontrant une femme pas encore tout à fait inconsciente non plus, il recouvre un peu de l’humanité qu’il a perdue en prenant la liberté de l’aimer. Avec elle, il semble découvrir une face cachée du régime de Big Brother, une faille qu’il va tenter d’exploiter.

Ce livre je l’ai lu et surtout je l’ai réfléchi. Il m’a permis de penser avec plus de sagesse et l’œil plus averti le monde dans lequel nous évoluons.

Je ne me suis pas particulièrement attachée au personnage de Winston et c’est, je crois, une volonté de l’auteur : le régime déconstruit l’homme et nous donne à voir des personnages dépourvus d’individualité et de personnalité. Si Winston n’est pas encore totalement asservi, il reste néanmoins très difficile à comprendre pour nous qui nous laissons librement guider par notre sensibilité. Dans ce livre ce ne sont pas les personnages qui marquent mais le monde dans lequel ils évoluent et les souffrances qu’ils endurent.

Le style de Georges Orwell est quant à lui très simple. Encore une fois je crois que cette simplicité du style sert au sens de l’œuvre. Quoi de plus sensé qu’une plume dépourvue de fioritures pour décrire un monde dépourvu de poésie ?

Impossible de lire 1984 sans découvrir des similitudes inquiétantes avec le monde actuel. Ce livre dérange fortement et nous horrifie parfois, mais il est définitivement à lire et à diffuser autour de soi pour s’entourer de regards plus avertis.
Si l’histoire sert à ne pas répéter les erreurs du passé, la littérature, elle, nous empêche d’avoir à subir les conséquences de nos potentielles pires erreurs en nous avertissant de leur danger avant qu’elles ne soient commises.

Extrait

 » Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majorité tel que nous le définissons. Les hommes, ces créatures frêles et lâches, ne peuvent endurer la liberté ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu’eux. L’espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux.
Le bien des autres ne nous intéresse pas, nous ne recherchons que le pouvoir, le pur pouvoir. Les nazis et les communistes se rapprochent beaucoup de nous par leurs méthodes, mais ils n’eurent jamais le courage de reconnaître leurs propres motifs. Ils prétendaient s’être emparés du pouvoir pour une période limitée; passé le point critique, il y aurait un paradis où les hommes seraient libres et égaux. Nous ne sommes pas ainsi, nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir.

L’esclavage c’est la liberté. Seul, libre, l’être humain est toujours vaincu. Mais s’il renonce à son identité, s’il se soumet entièrement et totalement, il se fond dans le pouvoir collectif, il est alors tout-puissant et immortel.
[…]
Tel est le monde que nous préparons. Un monde où les victoires succèderont aux victoires et les triomphes aux triomphes, un monde d’éternelle pression, toujours renouvelée, sur la fibre de la puissance. Vous commencez à réaliser ce que sera ce monde. À la fin vous ferez plus que le comprendre, vous l’accepterez, vous l’accueillerez avec joie, vous en demanderez votre part en idolâtrant vos propres bourreaux. »

 

Et vous, avez-vous déjà lu 1984? Y a-t’il un livre que vous recommanderiez pour les mêmes raisons que celui-ci?


Pour ceux qui se demandent, voilà mon barème de notation:
4points pour l’histoire en elle-même, son intérêt
2points pour le message derrière l’histoire racontée
2points pour l’écriture
2points selon que ça m’ai plus ou non.

Un commentaire sur “1984, Georges Orwell

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