Aventures littéraires·Parlons livres

On ne badine pas avec l’amour, Musset

on ne badine pas avec l'amour

Edition Pocket, 2005. 96 pages.

MA NOTE : 9,5/10

4ème de couverture:

On siffle sa première pièce ? Musset s’en moque, il publiera les autres pour son plaisir, insouciant d’aucune règle, sauf celle de ses caprices et de sa fantaisie douloureuse et si légère. Ce sera son  » spectacle dans un fauteuil « . C’est pourquoi on ne cessera jamais de jouer ses comédies et proverbes. Dans quel rêve, quel château, quel parc mélancolique sommes-nous ?
Le jeune seigneur Perdican devrait y épouser sa cousine Camille, mais en un instant il décide d’aimer une jeune bergère. Soudain dédaignée, Camille, qui ne croyait pas à l’amour, connaît le dépit, la jalousie, l’égoïsme de la passion. Autour d’eux, s’agitent des personnages fantoches d’une cocasserie irrésistible. Dans ce théâtre féérique, on se croise, on se déchire, on s’ennuie, on croit que tout est vain, on triche, on se désire, on souffre jusqu’à en mourir. Comme dans la vie.

Mon avis

Je suis très (très) loin d’être une fan de théâtre ou du moins, je préfère le voir jouer que devoir le lire. Et pourtant, cette pièce de théâtre-là, j’ai adoré. J’ai adoré au point de ne pas pouvoir lâcher le livre avant d’avoir fini. Et ça, ça ne m’étais pas encore arrivée avec une pièce de théâtre.

Pourquoi j’ai aimé? Je crois que c’est un tout.

L’intrigue d’abord qui est, à mon sens, très loin d’être un de ces histoires d’amour niaises et culcul la praline. On parle d’amour oui, mais à travers le filtre de la sagesse désabusée d’un homme qui a beaucoup vécu. Et ce grand sentiment qu’on a tous tendance à un peu trop idéalisé est ici analysé et étudié sous toutes ses formes. On y retrouve ce qu’il y a de plus beau dans l’amour naissant comme ce qu’il y a de plus terrible dans ce que la souffrance qui lui est irrémédiablement rattachée nous pousse à faire.

Les personnages sont quant à eux très difficiles à cerner et on met beaucoup de temps à comprendre les sentiments de Perdican et Camille, ce qu’ils veulent vraiment l’un et l’autre. Je ne dirais pas que je me suis attachée à eux parce que je ne crois pas que ce soit le cas, ils ont, chacun, trop fait souffrir autour d’eux par leur égoïsme et leur fierté démesurée. En revanche, j’ai vibré comme jamais pour leur histoire.
Une petite mention à maître Blazius et maître Bridaine qui m’ont beaucoup fait sourire par l’absurdité de leur querelle enfantine et de leurs comportements ridicules.

Mais surtout, surtout, ce qui m’a autant fait aimé cette pièce, c’est la plume de Musset. Et le passage que je vous ai laissé en extrait, je ne compte même plus le nombre de fois où je l’ai lu.

En bref, même si vous ne raffolez pas du théâtre, je crois qu’il faut lire cette pièce. Pour ma part elle m’a fait me rendre compte que ce genre littéraire aussi, il pouvait me faire vibrer. Alors peut-être que vous aussi.

Extrait

« PERDICAN: Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

 

3 commentaires sur “On ne badine pas avec l’amour, Musset

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